Non loin de là, une porte grinça.
Puis des bruits de pas lourds et titubants se firent entendre. Ils s’arrêtèrent un instant, juste assez pour être remplacés par le son du contenu d’un verre se vidant très rapidement dans le gosier de son propriétaire, puis repartirent, tous aussi lourds, lents et désordonnés.
La prêtresse du Pavot continua sa marche vers le dortoir, comme presque tous les matins depuis son arrivée dans [la ville où se trouve la Cross mais dont on n’a toujours pas statué sur le nom]. Mais c’était sa dernière nuit qu’elle venait de terminer, car elle avait finalement réussi, au prix de beaucoup de patiente et de souffrance, à obtenir son congé maternité, dont la nécessité se faisait de plus en plue sentir en ce moment. Ses déplacements devenaient de plus en plus difficiles et la faisait souffrir à chaque fois qu’elle s’y prenait trop brusquement, c’est-à-dire fort souvent. Les clients habitués la boutaient régulièrement. Et surtout, Devon ne la quittait pas de son regard mauvais. Comment en était-elle arrive à là ? L’avait-elle vraiment voulu ?
Mais pire encor, il y avait l’absence d’alcool. Car chaque bonne prêtresse, et elle en est une, sait respecter les principes du Culte établis pour le bien des fidèles et la gloire du Pavot, et il avait été édicté que les prêtresses engrossaient devaient, pour leur propre bien et pour la sécurité du futur fidèle, réduire au minimum leur consommation d’alcool, au risque de nuire au bon déroulement de la grossesse.
Heureusement que tout cela était presque fini à présent. Aujourd’hui, après s’être reposée, elle ferait ses adieux temporaires au chef au nom imprononçable et à tous les membres de cette organisation et elle partirait loin de ces tracas, vers la patrie qui l’a vue naître.
Elle traînait ses savates dans les couloirs lorsqu’elle entendit un bruit étrange et régulièrement irrégulier. Mais qui pouvait bien ronfler ainsi ?
Elle se crispa sur son ärm, car un mauvais pré-sentiment l’assaillit à ce moment.
Oui,c’était le second muet de la Cross, le type étrange aux senteurs mêlées (qui contiennent du tournesol…), le type encapuchonné et totalement dissimulé derrière un masque. Sûrement un ennemi infiltré, sans doute un membre de l’échiquier d’ailleurs. Elle savait qu’elle aurait dû mettre le chef en garde…
Elle tenta de marcher moins lourdement et s’approcha du couloir d’où provenait ce son intempestif et inattendu à cette heure si matinale, ce son détestable qui ne ressemblait à rien de rassurant, comme un bruit de succion, comme le prolégomènes d’une danse macabre, comme la respiration d’un tournesol sur le point de mordre sa victime pour l’entraîner dans les tréfonds du trépas.
[Mouahahahahahahahhahahaha, bon, je vais me coucher, ça vaut mieux…]
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"Pour accéder au droit divin spirituel, il faut parfois céder aux vins spiritueux !"
(d'après Maître Tang, d'après Kyo, d'après JBX)
